(720x576) dragon nest (version) (2006)



de Isabelle Anthony et Yann Weissgerber

(2006)

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Nous avons employé le motif/module du « nid de dragon » à plusieurs reprises.

► Il est apparu pour la première fois dans la performance Laissez-moi (v.1).

- « Dessiné à la souris », laborieusement et lentement, en live par Isabelle, le motif est projeté sur le sol, au centre d’un groupe de machines disposées en cercle/muraille.

- Ces machines (ordinateurs, microphones, haut-parleurs) génèrent un larsen audio en cas d’approche ou d’intrusion du spectateur.

- Parmi ces machines, une caméra filme Isabelle, en train de dessiner le nid devant son ordinateur, à une dizaine de mètres et le dos tourné aux machines. Cette image occupée intégralement par son dos est elle-aussi projetée sur le sol au milieu du cercle et vient se superposer à celle du nid.

- La performance se conclue lorsque, une fois le dessin terminé, Isabelle vient réorienter la caméra qui la filmait vers la projection au sol et y chercher le larsen vidéo, une image fractale de « puits ».

- Laissez-moi (v.1) a été notre premier travail en couple. Comme les installations Laissez-moi (v.2), chevalier < dragon < princesse, et les films ceinte-jointe-sise (tourelle) et Apologie, il construit un système défensif (collatéralement offensif). Il appartient aussi à une série de travaux dans lesquels nous réduisions la « quantité de corps » présent physiquement ou à l’image.

► Il a été employé ensuite dans Laissez-moi (v.2).

- Reformulation de la performance sous forme d’installation, le motif se dessine au sol cette fois sans intervention humaine, pendant quarante minutes.

- Au centre du nid, sur un écran tourné vers le haut, flashe « laissez-moi ».

- Le larsen audio généré par les mouvements des spectateurs est remplacé par une onde sinusoïdale tenue avec superpositions d’harmoniques.

- L’enceinte du nid se constitue de trois grandes vidéoprojections aux murs : des versions érodées par rééchantillonages successifs du film ceinte-jointe-sise (tourelle).

► Il constitue la pièce charnière de l’installation chevalier < dragon < princesse. Parfois appelée chevalier > dragon > princesse. Ou encore : chevalier < dragon > princesse. Ce n’est pas résolu.

Une installation pour couloir à angle droit. Parcours physique, visuel et auditif, entre le regard aguicheur d’une princesse et la quête mortifère d’un chevalier.

- L’installation se superpose à l’espace ouvert/fermé d’un couloir, un lieu de circulation, de transition, et de mise en liens de localités aux fonctions définies. Elle peut s’adapter à un couloir existant ; le couloir peut aussi être construit pour elle.

- L’installation met en relation trois espaces, chacun d’eux a ses sons, ses images/boucles et ses machines : l’espace « princesse » (première extrémité du couloir) / l’espace « chevalier » (seconde extrémité du couloir) / le « nid de dragon » est installé sous une grande vitrine qui occupe l’angle droit creusé du couloir. Un quatrième espace « exit » se trouve en périphérie ; les vidéos des Machines à fuite (2006) y sont diffusées en boucle.

- Les boucles des espaces « princesse », « chevalier » et des Machines à fuite sont construites à partir d’images manipulées extraites de dessins animés et de jeux vidéos de différentes générations : Castle Master ou Sir Lancelot (Amstrad CPC), Defender of the Crown (dans son adaptation plus récente pour Playstation 2), et Dragon’s Lair (version laserdisc). Pour le « dessin animé interactif » Dragon’s Lair, nous avons surtout exploité ces images inhabituelles : un chevalier/héros, aux traits typiques Disney, que l’on voit mourir d’une centaine de manières différentes.

- Le dessin du « nid de dragon » est temporellement étendu à une heure. Il s’agit de la boucle vidéo la plus longue de l’installation, elle définit la durée globale de son cycle. Il est projeté sur le mur interne de la vitrine. Le « laissez-moi » est surprojeté en son centre.

- Les ondes sinusoïdales qui accompagnent le dessin du nid sont diffusées à l’intérieur de la vitrine fermée. Elles sont amorties par le verre. Leur volume s’amplifie progressivement.

- Les espaces sont mis en relation par le tracé des câblages qui courent de manière apparente le long des murs, et par la propagation de leurs sons respectifs.

- Le « nid du dragon » est la charnière (liaison/séparation) de l’installation : sa position offre un point de vue sur les deux extrémités du couloir ; en fin de cycle, son audio couvre ceux des espaces « chevalier » et « princesse ».

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