From: Diffusion des savoirs ENS Paris [audio] en histoire de l'art
Date: Feb 17, 2008
Description:
Avec Yves Hersant, dans le cadre du cycle : Colloque La physiognomonie à la Renaissance / Worshop The Arts and Sciences of the Face 1500-1850. Enregistré le 14-12-2007 à 17:00. Les usages de la physiognomonie - session Physionomie et écriture : autour du portrait présidée par Thomas Kirchner (Francfort).
Il semble avéré, d'une part, que Rabelais partage avec nombre de ses contemporains la croyance à une relation étroite entre le physique et le moral ; du reste, l'humaniste ne peut ignorer les traités plus ou moins dérivés des Physiognomica du pseudo-Aristote et des œuvres de ses continuateurs. Mais il est clair, d'autre part, que l'auteur du Gargantua s'inscrit aussi dans une tradition opposée : les apparences dissimulant la réalité, il faut ouvrir le Silène pour trouver le trésor qu'il recèle. Entre la doctrine physiognomonique et la doctrine « silénique », comment peut s'effectuer la conciliation ? Toute tentative de réponse passe non seulement par l'étude de quelques passages célèbres --- le Prologue de Gargantua, les portraits de frère Jean et de Panurge, la « metaposcopie et physionomie d'un coqu » que diagnostique Her Trippa...---, mais aussi par la prise en compte des exigences romanesques. Si le roman (re)naissant ne peut se désintéresser de la physiognomonie, du simple fait qu'il est attentif à la singularité individuelle, il en fait un usage inédit.
It is generally acknowledged that Rabelais shares with a number of his contemporaries a belief in the close relationship between the physical and the moral. In addition, the humanist cannot be unaware of treatises more or less derived from Pseudo-Aristotle's Physiognomica and the works of his continuators. Yet on the other hand it is also clear that the author of Gargantua also belongs to a completely opposite tradition: namely one in which appearances hide reality and where one must open up Silenus in order to find the treasures he contains. How can we reconcile the physiognomic and the `Silenian' doctrines? A tentative response must not only incorporate certain famous passages -- Gargantua' s prologue, the portraits of Brother Jean and Panurge, the `metoposcopy and physiognomie of a cuckold' that Her Trippa diagnosed ... - but also take exigencies of the genre of the romance into account. If the (re)nascent novel cannot absolve itself of interest in physiognomony, simply because it respects individual singularity, it makes out of it something quite new.

Email This